Vous voulez acheter un nouveau logement mais vous n’avez pas encore vendu le vôtre ? Vous cherchez comment financer cette transition sans stress et sans rater la maison de vos rêves ? Le prêt relais est souvent la solution, mais est-ce que vous remplissez les conditions pour l’obtenir ?
Ce guide vous donne la liste complète et claire de toutes les exigences des banques. Vous saurez exactement si vous êtes éligible. Nous détaillons ici toutes les conditions pour obtenir un prêt relais et les pièges à éviter afin de sécuriser votre projet immobilier.
Tableau Récapitulatif : Êtes-vous Éligible au Prêt Relais ?
Avant d’entrer dans les détails, voici la réponse directe que vous cherchez. Ce tableau résume les conditions principales exigées par les banques pour accorder un prêt relais.
| Critère | Condition Exigée |
|---|---|
| Statut de propriétaire | ✅ Obligatoire. Vous devez être propriétaire (ou en cours d’accession) du bien immobilier que vous souhaitez vendre. |
| Taux d’endettement | Votre taux d’endettement, incluant les mensualités du prêt relais (intérêts seuls), ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus. |
| Apport personnel | Un apport est fortement recommandé pour couvrir les frais de notaire et de garantie du nouvel achat (environ 10 %). |
| Situation professionnelle | Des revenus stables et réguliers sont exigés. Un CDI est un avantage majeur, mais les revenus solides des indépendants sont aussi étudiés. |
| Gestion des comptes | Vous ne devez avoir aucun incident de paiement (pas de découvert régulier, pas de fichage à la Banque de France). |
| Assurance emprunteur | La souscription à une assurance est obligatoire, avec au minimum les garanties décès et Perte Totale et Irréversible d’Autonomie (PTIA). |
| Valeur du nouveau bien | Le prix du bien à acheter doit être cohérent avec la valeur du bien à vendre et votre situation financière globale. |
Qu’est-ce qu’un Prêt Relais et Comment Fonctionne-t-il ?
Un prêt relais est une avance de trésorerie à court terme que la banque vous accorde. Elle vous permet de financer l’achat d’un nouveau bien avant d’avoir reçu l’argent de la vente de votre logement actuel. Sa durée est généralement de 12 mois, prolongeable une seule fois, pour un total de 24 mois.
Son fonctionnement est différent d’un crédit immobilier classique. C’est un prêt dit « in fine ». Cela veut dire que pendant la durée du prêt, vous ne remboursez que les intérêts et l’assurance emprunteur chaque mois. Le capital, c’est-à-dire le montant que la banque vous a avancé, est remboursé en une seule fois, à la fin, avec l’argent de la vente de votre ancien bien.
Ce type de prêt s’adresse spécifiquement aux propriétaires qui vendent pour racheter, aussi appelés secundo-accédants. C’est une solution pour éviter de passer à côté d’une opportunité ou de devoir trouver une location temporaire entre les deux transactions. Vous pouvez ainsi acheter votre nouvelle résidence principale sans attendre.
Les 3 Types de Prêts Relais : Lequel Choisir ?
Il n’existe pas un seul, mais plusieurs types de prêts relais. Le choix dépend de votre situation, et surtout du rapport entre le prix de vente de votre ancien logement et le prix d’achat du nouveau.
Le prêt relais sec
Le prêt relais « sec » est la forme la plus simple. Vous l’utilisez quand le prix de votre futur bien est inférieur ou égal au prix de vente attendu de votre bien actuel. La banque vous avance une partie des fonds, et le reste, après la vente, vous sert à rembourser le prêt et peut même générer un excédent.
- Vous vendez un appartement estimé à 300 000 €.
- Vous achetez une maison à 250 000 €.
- La banque vous avance 70% de la valeur de votre appartement, soit 210 000 €. Cela couvre presque l’achat.
- Une fois votre appartement vendu 300 000 €, vous remboursez les 210 000 € et il vous reste 90 000 € (moins les frais).
Cette formule est plus rare, car les gens achètent souvent plus grand ou plus cher. Elle ne nécessite pas de crédit immobilier classique complémentaire.
Le prêt relais adossé (ou associé)
C’est le cas le plus fréquent. Vous optez pour un prêt relais « adossé » lorsque le prix du nouveau logement est supérieur à celui que vous vendez. Le prêt relais seul ne suffit pas à financer l’intégralité de l’achat.
La solution de la banque est alors une offre groupée :
- Un prêt relais pour faire l’avance sur la vente à venir.
- Un nouveau prêt immobilier classique à long terme pour financer la différence.
Pendant la phase de transition (avant la vente), vous payez les intérêts du prêt relais et les mensualités du nouveau crédit immobilier. Une fois votre bien vendu, vous remboursez intégralement le prêt relais. Vous ne continuez à payer que les mensualités du prêt immobilier classique. C’est une solution souple mais qui demande une bonne capacité de remboursement.
Le prêt relais rachat (ou intégré)
Cette troisième option est plus complexe et s’adresse à une situation précise : lorsque vous n’avez pas encore fini de rembourser le crédit de votre logement actuel. Le prêt relais rachat permet de regrouper plusieurs lignes de crédit en une seule.
La banque « rachète » le capital restant dû de votre ancien prêt et l’intègre avec le montant nécessaire pour votre nouvel achat. Elle crée un nouveau prêt unique, lissé sur la durée. Au début, la mensualité est plus faible (correspondant aux intérêts), puis elle augmente après la vente de votre ancien bien, une fois l’apport de la vente injecté dans le crédit.
Comment est Calculé le Montant d’un Prêt Relais ?
Le montant que la banque accepte de vous prêter n’est jamais égal à 100 % du prix estimé de votre bien. C’est une règle de prudence essentielle pour l’établissement financier.
En général, le montant du prêt relais se situe entre 50 % et 80 % de la valeur estimée de votre logement. Le pourcentage exact dépend de la banque, de la tension du marché immobilier local et de l’avancement de votre projet de vente. Si vous avez déjà signé un compromis de vente, la banque sera plus encline à s’approcher des 80 %. Sans acheteur, elle restera plus prudente, autour de 50-60 %.
Le rôle de l’estimation immobilière
L’estimation de la valeur de votre bien est le point de départ de tout le calcul. Elle doit être réaliste et justifiable. Notez qu’une mesure précise de la surface Loi Carrez est essentielle pour une évaluation fiable. La plupart des banques demandent une ou deux estimations réalisées par des agences immobilières locales. Une estimation surévaluée risque de bloquer votre dossier, car la banque verra le risque de ne pas pouvoir vendre au prix espéré.
Il est donc crucial de faire estimer votre bien à son juste prix. Cela maximise vos chances d’obtenir le financement et de vendre dans les délais du prêt relais.
Le capital restant dû : un élément clé
Si vous avez encore un crédit en cours sur le bien que vous vendez, la banque déduira le capital restant dû (CRD) du montant du prêt relais. C’est logique : une partie de l’argent de la vente servira à solder cet ancien prêt.
- Valeur estimée de votre maison à vendre : 400 000 €
- Pourcentage retenu par la banque : 70 %
- Capital restant dû sur votre prêt actuel : 50 000 €
Le calcul est le suivant : (400 000 € x 70 %) – 50 000 € = 280 000 € – 50 000 € = 230 000 €. C’est le montant maximum que la banque pourra vous avancer via le prêt relais.
Les 5 Étapes Clés pour Obtenir Votre Prêt Relais
Obtenir un prêt relais suit un processus structuré. Connaître les étapes vous permet de préparer votre projet et de gagner du temps. Voici le déroulé classique.
1. Faire estimer son bien immobilier
C’est la première chose à faire. Contactez au moins deux agences immobilières pour obtenir une estimation écrite et argumentée de la valeur de votre logement. Ce document est indispensable pour le dossier bancaire.
2. Simuler sa capacité d’emprunt
Une fois que vous avez une idée du montant que vous pouvez obtenir de la vente, vous pouvez évaluer votre budget global pour le nouvel achat. Utilisez des simulateurs en ligne ou contactez un courtier pour calculer votre taux d’endettement et le montant du prêt immobilier complémentaire que vous pouvez souscrire.
3. Monter le dossier de demande de prêt
Rassemblez tous les documents nécessaires. Assurez-vous d’être bien à jour concernant vos obligations déclaratives pour faciliter l’étude de votre dossier. La liste est similaire à celle d’un crédit immobilier classique, avec quelques spécificités liées à la vente.
- Justificatifs d’identité et de situation familiale (pièce d’identité, livret de famille).
- Justificatifs de revenus (3 derniers bulletins de salaire, dernier avis d’imposition).
- Justificatifs bancaires (3 derniers relevés de tous vos comptes).
- Documents liés au bien à vendre : titre de propriété, estimations immobilières, compromis de vente si déjà signé.
- Documents liés au bien à acheter : compromis de vente ou avant-contrat.
4. Rechercher le financement
Vous pouvez présenter votre dossier à plusieurs banques pour comparer les offres. Une autre option est de passer par un courtier en crédit immobilier. Il connaît les conditions des différents établissements et saura orienter votre dossier vers la banque la plus susceptible de l’accepter. Il vous fait gagner du temps et peut négocier de meilleures conditions de taux ou d’assurance.
5. Signer l’offre de prêt
Une fois que la banque a validé votre dossier, elle vous envoie une offre de prêt officielle. Vous disposez d’un délai de réflexion légal de 10 jours calendaires avant de pouvoir l’accepter. Ne signez qu’après avoir bien lu toutes les clauses, notamment celles concernant la durée du prêt et les conditions en cas de non-vente.
L’Assurance Emprunteur est-elle Obligatoire ?
La réponse est simple : oui. Aucune banque n’accordera un prêt relais (ni aucun prêt immobilier) sans la souscription à une assurance emprunteur. C’est une condition non négociable qui protège à la fois la banque et vous-même en cas de coup dur.
L’assurance prend le relais du remboursement en cas de problèmes graves. Pour un prêt relais, les banques exigent systématiquement deux garanties minimales :
- La garantie Décès : en cas de décès de l’emprunteur, l’assurance rembourse le capital restant dû à la banque.
- La garantie PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) : elle couvre le cas où un accident ou une maladie vous rend dépendant d’une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne.
Même si le prêt est à court terme, ces garanties sont essentielles. Vous avez aussi la possibilité de choisir la délégation d’assurance. Cela signifie que vous n’êtes pas obligé de souscrire l’assurance de la banque prêteuse. Vous pouvez choisir un contrat chez un assureur externe, souvent à un tarif plus compétitif pour des garanties équivalentes ou supérieures.
Le Risque Majeur : Que Faire si Votre Bien ne se Vend Pas ?
C’est la principale crainte de tous les emprunteurs qui souscrivent un prêt relais. Que se passe-t-il si le logement ne trouve pas preneur dans les 12 ou 24 mois ? Plusieurs solutions existent, il ne faut pas paniquer.
Solution 1 : Baisser le prix de vente
C’est la solution la plus simple et la plus efficace. Si votre bien ne se vend pas, c’est souvent parce que son prix est trop élevé par rapport au marché. Une baisse de prix de 5 % à 10 % peut débloquer la situation et attirer de nouveaux visiteurs. Il vaut mieux vendre un peu moins cher que prévu que de se retrouver dans une situation financière compliquée.
Solution 2 : Négocier une prolongation avec la banque
La durée initiale d’un prêt relais est de 12 mois. Il est presque toujours possible de la prolonger d’une année supplémentaire, pour atteindre 24 mois. Si vous approchez de la première échéance sans avoir vendu, contactez votre conseiller bancaire le plus tôt possible pour activer cette prolongation. N’attendez pas le dernier moment.
Solution 3 : Transformer le prêt relais en crédit classique
C’est une solution de dernier recours, si la vente est impossible même après 24 mois. Vous pouvez demander à la banque de transformer le capital du prêt relais en un prêt immobilier amortissable sur une longue durée (15, 20 ou 25 ans). Attention, cette option n’est possible que si votre taux d’endettement le permet. Vous vous retrouveriez alors avec deux crédits immobiliers à rembourser simultanément, ce qui pèse lourdement sur un budget.
Solution 4 : Mettre l’ancien bien en location
Si vous ne voulez pas vendre à perte, vous pouvez envisager de mettre votre ancien logement en location. Les loyers perçus pourront aider à couvrir les mensualités du nouveau crédit. Cette solution transforme votre projet d’achat-revente en un investissement locatif. Elle demande de la gestion mais peut être une alternative à une vente forcée.
FAQ – Prêt Relais
Quelles sont les conditions pour obtenir un prêt relais ?
Pour résumer, vous devez être propriétaire du bien à vendre, avoir des revenus stables, un taux d’endettement inférieur à 35 %, et une gestion saine de vos comptes. Une assurance emprunteur est également obligatoire pour couvrir les risques de décès ou d’invalidité.
Quel est le coût moyen d’un prêt relais ?
Le coût d’un prêt relais se compose de plusieurs éléments. Le taux d’intérêt est souvent légèrement plus élevé que celui d’un crédit classique. Il faut aussi ajouter les frais de dossier, le coût de l’assurance emprunteur et les frais de garantie (hypothèque ou caution). Le coût total dépend du montant emprunté et de la durée effective du prêt.
Pourquoi une banque peut-elle refuser un prêt relais ?
Un refus peut venir de plusieurs facteurs : un taux d’endettement qui dépasse les 35 %, une situation professionnelle jugée instable (période d’essai, CDD court), une mauvaise gestion de vos comptes (incidents de paiement) ou une estimation de la valeur de votre bien jugée surévaluée par la banque.
Faut-il avoir un compromis de vente signé ?
Ce n’est pas une condition obligatoire, mais c’est un atout majeur. Avoir déjà un compromis de vente signé pour votre bien rassure énormément la banque. Cela sécurise la transaction et prouve que la vente est bien engagée. Vous obtiendrez plus facilement un prêt et un pourcentage d’avance plus élevé.
Quelle est la durée maximale d’un prêt relais ?
La durée standard d’un prêt relais est de 12 mois. Cette durée est quasiment toujours renouvelable une fois, pour une durée totale maximale de 24 mois. Il est très rare d’obtenir une prolongation au-delà de ces deux ans.
